Souvenirs de moisson

De Territoires Sonores.


Chaque friandise sonore a son parfum et sa couleur : des grottes au sémaphores, du vécu au ressenti, de le vie traditionnelle aux nouveaux usages… Les facettes du Cap de la Chèvre ont un goût savoureux de savoir, de berlingot et de flâneries. Ecouter les autres friandises sonores.

Informations sur le document

Date : janvier 2008

Durée : 5 min 38

Quelques souvenirs de la période des moissons... avec Raymond Ferrec, 80 ans

Réalisation : Armel

Logiciel de montage : Audacity

Musique de fond :

Titre : " Blue Steel " Auteur : Rasta Square Creative_Commons___by_nc_2.5 http://www.dogmazic.net/Rasta_Square

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Retranscription

(bruits d'une batteuse)

Il y avait suffisamment de blé et d'avoine pour prendre un système de battage mécanique. Il y avait deux systèmes de battage : il y avait le battage au fléau dans les maisons qui n'avaient qu'une petite quantité et le battage mécanique pour les quantités plus fortes, quoi. Ce battage se faisait par compagnies. On louait l'appareil entre plusieurs maisons. Y'avait un moteur, y'avait une table pour passer les gerbes de blé dans un appareil qu'était entraîné par le moteur par une courroie. Et cet appareil là coupait les têtes de blé, égrenait le blé, et la paille partait en bout pour construire le tas de paille.

Alors donc, il y avait des compagnies comme ça, mais au cap de la Chèvre, il n'y en avait qu'une, celle où mon grand-père participait. Et, finie la moisson, on préparait la charrette, on enlevait tout ce qu'il y avait sur la charrette, il restait que le plateau et, à trois voitures, on allait chercher la batteuse dans une compagnie qui était souvent du côté du Fret, ou du côté de Tal ar Groas, et c'était le commencement de la fête. Parce que le battage, ça a toujours été la fête tant au cap de la Chèvre qu'ailleurs, ça a toujours été la fête. On allait donc chercher la batteuse. Un prenait l'appareil qui servait à éparpiller la paille, l'autre prenait l'appareil qui servait à égrener, et le troisième, la troisième charrette prenait le moteur. Et tout ce petit monde-là rentrait et une année on commençait par une maison, il y avait peut-être une dizaine de maisons, et l'année suivante on recommençait par l'autre, euh, on commençait par l'autre bout.

(voix de travailleurs en arrière plan, toujours le bruit de batteuse)

Alors, quand il fallait aligner tout ce matériel-là pour pouvoir bien battre et tout le monde arrivait, femmes, hommes. Y'avait un p'tit coup d'abord, un p'tit coup d'fort, de rhum ou que'qu'chose ou... ce genre là. Les femmes un café et tout le monde se mettait au travail. Et quand s'était terminé, tout le monde restait manger dans la ferme où on avait battu le blé.

(musique funky-jazzy en fond avec le bruit de batteuse)

Ca fait qu'c'était la fête, c'était, tout le monde riait, tout le monde... les gens, pas trop fatigués à midi encore et l'après-midi, alors, on déménageait, on repartait vers une autre maison, on ré-alignait l'appareil, et on remettait en route. Et vers les cinq heures, c'était le merlienn (mot breton écrit phonétiquement), le petit dîner en français et tout le monde, comme le battage était terminé dans cette maison-là, tout le monde allait au merlienn. Et ça riait et ça chantait et une fois terminé le repas, on remettait tout le matériel sur les charrettes et on changeait de maison.

Et ainsi de suite, jusqu'à terminaison, jusqu'à la peut-être dixième maison et tout se faisait comme ça.

La mécanique n'était pas trop certaine, hein. C'était pas la mécanique de maintenant, et les mécaniciens, pas très forts, ben que'qu'fois on restait une demie-journée sans tourner, le temps - pas de trouver la panne -, mais d'arriver à dépanner le moteur. Et puis ça repartait (rire).

Pendant ce temps-là, le tas de paille était monté. Une fois terminé le battage, dans chaque maison, on faisait des tresses avec de la paille. On avait les appareils pour tourner et on faisait des tresses qui faisaient sept huit mètres, que'qu'fois plus, et ces tresses-là, on les passait par dessus le tas de paille de façon à ce que la paille ne parte pas avec les tempêtes l'hiver. Et avec un caillou à chaque bout, de chaque côté, ça fait que ça tenait toute la paille et, suivant la longueur, y'avait une tresse tous les, j'sais pas, 80 centimètres peut-être, comme ça les tas de paille ne bougeaient pas.

Informations complémentaires

Bibliographie

Lien vers la bibliographie de la vie agricole du Cap de la Chèvre

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