La vie dans les villages autrefois

De Territoires Sonores.


Chaque friandise sonore a son parfum et sa couleur : des grottes au sémaphores, du vécu au ressenti, de le vie traditionnelle aux nouveaux usages… Les facettes du Cap de la Chèvre ont un goût savoureux de savoir, de berlingot et de flâneries. Ecouter les autres friandises sonores.

Informations sur le document

Date : 01/07/07

Durée : 3 min 59

Yannig Cariou nous raconte ses souvenirs des p'tits villages du Cap

Réalisation : Aurore

Matériel : Nagra ARES-M

Logiciel de montage : Audacity

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Retranscription

La vie dans les villages d’autrefois


(voix d’homme)

J’ai connu le Cap de la Chèvre à partir de 1956. J’avais cette chance là d’avoir, de pouvoir venir en vacances tous les ans pendant deux mois, juillet-août, parce qu’on avait deux mois de vacances à l’époque. Donc j’ai connu le cap de la chèvre de 56 à 76, quoi, pendant 20 ans. Je venais avec ma grand-mère qui était elle-même originaire..., qui était une Queffelec donc, qui avait sa sœur et son frère qui habitaient le village de Kerdroën, qui étaient agriculteurs.


Pour moi c’est des souvenirs extraordinaires, c’est de voir ces villages en pleine activité. Alors certes, c’était l’été, on idéalise toujours un peu, il faisait beau, on partageait notre temps entre la plage et les travaux des champs…


(voix de femme)

La moisson…


(voix d’homme)

Mais c’était quand même… c’était un… il n’y avait pas eu dans de progrès réel en terme d’agriculture, c’est-à-dire que vraiment on travaillait la terre de façon, j’allais dire presque archaïque, quoi. Les parcelles étaient toutes petites, les fermes étaient toutes petites. Pour citer la situation de Kerdroën, il devait y avoir un cheval pour tout le village, donc une charrette. Dans chaque ferme, il y avait deux-trois vaches, un ou deux cochons, donc c’était… Ils vivaient vraiment en autarcie, c’est-à-dire qu’ils vivaient vraiment de leurs pommes de terre, de leur blé. Le blé on l’amenait ensuite au moulin, pour avoir de la farine et faire du pain, etc.


Donc évidemment pas d’eau courante, des puits. Dans le village de Kerdroën je crois qu’il y en avait deux en tout et pour tout, peut-être trois. L’électricité a du arriver en 56 je crois, ou 54, enfin peu importe. Bon évidemment pas de tout à l’égout, pas …


Pour montrer ce village qui est occupé aujourd’hui essentiellement par des touristes, ou par des personnes de l’extérieur, donc qui a été sectionné en parcelles par des haies, des murs, etc, à l’époque ça ne faisait qu’un, on pourrait appeler ça un « village-rue», toutes les façades tournées vers le sud et les crèches à l’arrière des maison, côté rue et tournées côté nord. Ceci dit, les crèches étaient quand même orientées est-ouest, ça faisait une sorte de cour, et c’était la partie, on va dire sale de la ferme, c’est-à-dire que c’est là qu’on trouvait le tas de fumier, c’est là qu’on trouvait les bêtes, les outils etc. Et devant la maison, c’était plutôt propre, ce qui n’était pas vrai partout en Bretagne, hein, c’était plutôt propre. Y’avait un espace où il y avait le puits, la ferme, enfin la maison d’habitation et qui était bien dissocié de la partie animaux, quoi.


Donc c’est vrai que quand on arrivait, y’avait déjà cette odeur de fumier qui était assez dominante, hein, on savait qu’on rentrait dans une ferme, le fumier était à proximité des crèches quoi.


A l’intérieur des maisons, c’était très spartiate. Il y avait une pièce à vivre avec une cheminée, un lit de coin, qu’est-ce qu’il y avait, une armoire, un p’tit gaz relié à une bouteille butane, et pis voilà, une table, deux bancs…


(voix de femme)

Éventuellement de la terre battue, encore dans les années 50 ?


(voix d’homme)

Certaines avaient encore de la terre battue, d’autres étaient cimentées tout simplement, on avait cimenté le sol. C’était fréquent de voir les poules rentrer dans la pièce principale. Les portes - alors quelque chose de très significatif sur le plan social - les portes étaient toujours ouvertes. C’était un affront que de fermer sa porte. On fermait sa porte vraiment que quand on partait et encore, on la fermait de façon sommaire, soit en la calant avec une pièce de bois, soit en…, enfin c’était pas fermé à clé quoi.


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